Témoignage de M. Michel BERNARD – 70 ans –

ancien Maire de St Lyphard



J'ai le souvenir de quelques anecdotes qui auraient pu se terminer tragiquement.


C'était vers la fin de l'été 44 . Les Allemands réquisitionnaient bœufs et chevaux ainsi que les charrettes et leurs conducteurs pour emmener des munitions vers Missilac.


Devant le peu d'empressement des paysans, un officier demande un jour au maire, M. Pierre Litoux de lui désigner d'office quelques équipages. Bien entendu celui-ci refuse, la discussion s'envenime, l'Allemand traite le maire de terroriste.

En fin de compte M. Litoux juge préférable de s'enfuir derrière une maison voisine, dégaine le revolver qui ne le quittait pas et attend l'officier qui , heureusement pour lui a préféré aller voir ailleurs s'il aurait plus de succès.


Stimulés par leurs officiers, les soldats allemands étaient plutôt nerveux à cette époque là.


Mon père, Henri Bernard était revenu depuis peu de captivité et craignait sans doute d'être repris puisqu'un jour

il préféra resté caché au lieu dit les Gros Fossés en compagnie de son ami Joseph Leray

C'est moi qui devait aller prendre de leurs nouvelles.


Le même Joseph Leray, en compagnie d' Albert Guihard et de Paul Harzelais conduisait un jour une charrette réquisitionnée en direction de Pontchâteau.

Ils profitèrent d'un arrêt à Hoscas pour fausser compagnie aux Allemands et rentrer chez eux après un grand détour en Brière


Si j'ai bonne mémoire la Kommandantur se trouvait dans les locaux du Presbytère.




Témoignages de Madame et Monsieur Maurice LERAY



Je me souviens qu'un chapelet de bombes est tombé près du village de Rosconan et au Mené. Une grosse bombe est tombée à Avrillac, faisant une victime.


Des tranchées avaient été creusées un peu partout et la Brière était partiellement inondée.

Un petit blockhaus construit près de la Butte de Sandun était gardé par quelques soldats.


J'ai été assigné à la garde des lignes téléphoniques jusqu'à mon départ en Allemagne en 1943 au titre du STO.

Parti pour un an, je suis resté là-bas deux ans et demi, jusqu'à la libération de Mai 1945

J'ai travaillé dans une usine située à 130 Km de Berlin. Nous fabriquions de la poudre et des obus.


A la fin de mon séjour, personne n'avait plus rien à manger et ce sont les prisonniers de guerre français qui eux recevant des colis par la Croix Rouge, pouvaient nous dépanner.


Je me rappelle qu'un M. BAFOIN, du village d'Hoscas ,trouvé par l'occupant en possession de tracts, a été arrêté et que nous ne l'avons jamais revu